Bernard Caprasse

Propos recueillis par Ph. C.

" Le rôle d'un professeur est de permettre à chacun de se révéler."
Bernard Caprasse, le gouverneur de la province de Luxembourg, a terminé ses humanités par trois ans au collège au début des années 60. Rencontre avec celui qui fut dans la même classe que Roland Dumay.

d'Alzon : Que reste-t-il de vos souvenirs de Bure ?

B.C. : Ils sont encore bien vivants. Après un parcours... mouvementé, je suis arrivé dans cette école qui s'appelait à l'époque l'Institut Marie-Médiatrice. J'y ai passé trois années extraordinaires. Je me souviens qu'en rhéto, en 1967, nous étions treize. Je pourrais citer le nom de tous les gens qui étaient avec moi. Je me souviens notamment de Benoît Lempereur. Il était premier de classe. Le second était Roland Dumay, professeur aujourd'hui au collège et moi, j'étais le troisième.

d'Alzon  : Quels sont les professeurs que vous avez connus ?

B.C. : Il y en a eu plusieurs. Les Pères Michel Tassin, Désiré, Cravatte, Richard qui était d'ailleurs directeur à cette époque. Puis, il y avait aussi les laïcs comme Pierre Guillaume, Daniel Wenin. J'habitais Vielsam. Nous pouvions rentrer chez nous toutes les trois semaines. Je partais le samedi à 14 heures et je rentrais à l'école le dimanche à 16 heures !

d'Alzon : Un bon souvenir de votre passage au collège ?

B.C. : Ils sont nombreux. Je citerai avant tout les pièces de théâtre. J'ai joué dans plusieurs dont " Meurtre dans une Cathédrale". Puis, les tournois d'éloquence. C'est le Père Tassin qui m'a donné le goût de cet art. J'ai remporté le tournoi de la province de Namur (NDLR : le village de Bure a fait partie du Namurois jusqu'à la fusion des communes en 1977, date à laquelle il a rejoint le Luxembourg). Je lui dois beaucoup à ce Père, car cela a certainement influencé mon avenir puisque je suis devenu avocat. Le rôle des professeurs est très grand. Un enseignant doit pouvoir révéler à chaque élève les atouts qu'il a en lui.

d'Alzon : Comment était l'ambiance dans les années 60 ?

B.C. : Nous formions une vraie famille. C'était formidable. La solidarité était réelle. Nous avions une grande liberté d'expression. Je me souviens que la première fois que j'ai pris le train pour Bure, j'ai vu une affiche vantant les qualités de l'Institut Marie-Médiatrice. On disait que c'était un lieu propice à l'éclosion des vocations religieuses. Je n'étais pas très rassuré. Cela s'est vite estompé. Jamais je n'ai eu le sentiment qu'on nous orientait dans cette direction. Pas de lavage de cerveau. L'école était très ouverte.

d'Alzon : Avez-vous reconnu le collège lors de votre visite officielle voici quelques années ?

B.C. : Bien sûr de nombreuses choses ont changé. Tout d'abord l'Institut est devenu un Collège. Puis, c'est une école mixte. J'ai trouvé un collège très vivant. Quand j'étais avocat au barreau de Marche, j'ai entendu beaucoup de bien sur cette école qui reste une référence pour notre enseignement.


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